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Être photographe chez Nice-Matin


Hello la population !


J’ai effectué un stage de 2 mois en tant que photographe chez Nice-Matin, le journal quotidien des Alpes Maritimes. Vous pourriez me dire "mais t'étais juste stagiaire, rien de fou" cependant je remplaçais les photographes officiels en vacances donc si, c'était pareil (enfin presque). J'ai toujours voulu raconter ça car c’était une expérience très enrichissante, avec ses avantages mais aussi ses inconvénients. Durant 2 mois en été, j’ai couru à droite et à gauche pour illustrer les articles de ce journal. J’ai aussi été assignée à la tournée de spectacle d’été : « la tournée Var-Matin Nice-Matin » (je vais vous expliquer tout cela, ça en mérite le détour tellement je me suis faite chier sur cette tournée)


L’été arrivait à grand pas et comme quasi tous les étudiants, je cherchais un boulot d’été. Je cherchais partout à Nice, mais je ne trouvais presque rien. Je me suis donc dis que j’allais trouver un stage dans mon domaine d'étude plutôt que ramasser les transats sur les plages (parce que bon sur le CV c’est pas fou hein). Après moult recherches, je trouve un stage dans une boite de communication mais non rémunéré. Le taff me plaisait alors je décide de m’engager là dedans. La veille de la signature (vraiment) je reçois un mail, sortant de nulle part, d'une dame me disant qu'elle avait lu ma candidature pour être leur photographe. Aucune information sur la boite, pas de signature, un message court disant de rappeler un numéro (je ne me souvenais même pas avoir postulé pour être photographe). Je rappelle donc le fameux numéro et un monsieur très sympathique me pose pleins de questions (si j’ai un boitier, un book, etc) mais aucune info sur la boite ! À la fin de l’appel, il me propose un entretien et me demande donc de le rejoindre « au siège de Nice-Matin». Hein ? Le siège ? Nice-Matin ? J'accepte et raccroche. Je ne capte pas très bien l’information. Le monsieur m’envoie un mail pour les coordonnées et effectivement je lis dans la signature du mail: Nice-Matin. J’avais à l’appareil le chef du service photo du journal, François Vignola (qui sera mon maître de stage, rien que ça).

Je suis accueillie dans les grands locaux de Nice-Matin. Je découvre l’envers du décor de ce quotidien ou chacun se hâte pour préparer votre journal de demain. L’entretien se passe super bien. C’est ma première expérience professionnelle en tant que photographe, j’ai donc été franche sur mes compétences. Malgré ça j’ai été prise et mon stage débutait le 1er juillet. François m’a expliqué ce que j’allais faire : illustrer les articles uniquement sur le secteur Niçois (car il y a de nombreux secteurs comme Cagnes, Menton, etc.) et participer à la tournée Nice-Matin le soir. La tournée est un spectacle avec diverses personnalités qui se déplacent de ville en ville. Ma mission était de prendre en photo les candidats du concours de chant (habitants des différentes villes) qui se déroulait avant la prestations des personnalités, et par la suite les chanteurs. J’étais super contente, j’avais des responsabilités et beaucoup de missions.


Mon premier jour n’avait rien de spécial, j'étais au siège avec François pour avoir plusieurs indications sur ce que je devais faire. J'ai également assisté à une grande réunion sur le programme du journal, c'était super intéressant. Le deuxième jour, j’ai visité l’agence de Nice, rencontré les journalistes et les photographes pro. J’étais vraiment stressée. Le monde journalistique était nouveau pour moi. Il y avait d’autres stagiaires heureusement, mais j’étais l’unique stagiaire photo (l’élue). Donc je ne pouvais même pas échanger avec un autre photographe de mon niveau pour me rassurer. Nous avions un calendrier que l’on recevait la veille avec toutes les missions du lendemain (Il était horrible ce calendrier, parfois il était envoyé à 23h et tu apprends que tu dois te taper 3h de route à 8h).


Ma première photo chez Nice-matin (avec mon petit nom en bas à droite hehe)

Pour mes premières missions, un photographe (hello Frantz) m’a accompagnée (heureusement sinon je me serais chié dessus et toutes les photos seraient floues). Mais juste après la première mission, il a dû partir pour une urgence sur un article, me laissant toute seule. TOUTE SEULE. Je devais aller prendre en photo un groupe d’escaladeurs qui faisait une conférence. TOUTE SEULE. Il m’a dit « force à toi » et est parti avec son scooter. Je crois que j’ai dû faire 50 photos pour une simple photo de groupe.


Être photographe dans un journal, c’est se déplacer tout le temps. Nous devons nous rendre dans tous les lieux nécessaires pour illustrer les sujet. J’ai découvert beaucoup d’endroits de la région, et aussi quelques personnalités (ça c’est classe). Ce stage était heureusement rémunéré (parce qu'en gros, je faisais le taff comme un vrai photographe du journal). En été, la boite tourne grâce aux stagiaires, c’est impressionnant (car période de vacances). Ça m’est arrivée d’aller dans une agence et de retrouver un stagiaire tout seul (force à lui aussi). On peut dire adieu à nos week-end et on peut être appelé à tout moment si il y a une urgence et qu’aucun photographe n’est dispo. J'avais la hantise d'oublier un objectif, ma carte SD, rater mes photos (parfois, nous n'avions que quelques secondes pour prendre une photo, comme les photos de groupe). Je n'arrivais pas à me convaincre que je n'étais qu'une stagiaire, que j'avais le droit à l'erreur. Je voulais tout réussir, faire les meilleures photos (imaginez-moi à fond pour prendre en photo la façade d'un bâtiment, ça a été le cas).


Mais la tournée Nice-Matin, c’était le partie noire de ce stage. Concrètement je prenais les mêmes photos, d’un spectacle identique, environ deux fois par semaine (le soir en plus donc adieu la soirée avec les amis). Il y avait Liane Foly et Franck Castellano (imitateur chanteur) à l’affiche. Durant tous ces soirs-là, même cheminement : concours de chant, imitateur, Foly. Et entre chaque prestation: un présentateur beauf qui fait les mêmes blagues chaque soir (le bonheur). C’était toujours les mêmes photos. Les mêmes. L’enfer du photographe. Mais je devais y aller au cas où les tenues seraient différentes et aussi pour le concours de chant car les candidats ne sont pas les mêmes. Je n’en pouvais plus de ce spectacle à la fin de l’été. Les mêmes chansons, dans le même ordre (je me souvenais par cœur du spectacle). Ce spectacle était aussi associé à une rubrique du journal qui présentait les villages de la tournée. Je m’occupais donc aussi d’aller prendre en photos les villages avec un journaliste. Même si je me plains de cette tournée, c'était une bonne soirée pour les habitants.


(Le premier soir de la tournée, donc 2j après le début de mon stage, on m'a demandé de faire un portrait de Liane Foly (en tête d'affiche) alors que ce n'était pas prévu. On était dans un bled perdu, j'ai mis 30mn à envoyer la photo. Niveau stress j'étais bien car j'avais au tel un des grands journalistes du journal qui me disait toutes les 5m "alors les photos?")


À part la tournée, ce stage était une bonne expérience. J’ai vécu de sacrés moments comme la finale Algérie-Sénégal. J’ai dû prendre en photo les rassemblements fêtant la victoire et courir comme une folle à l’agence avant minuit pour boucler l’article (il était 23h40 quand je suis partie de la place Massena pour rejoindre l’agence en 10-15mn). Je n’ai jamais vu un journaliste écrire aussi vite. Si vous avez vu une photographe se ramasser ce soir là, c’était moi. Je devais sélectionner rapidement les photos et les envoyer à la journaliste. Je crois qu’elle a envoyé l’article deux minutes avant le temps impartis. (pour finaliser le journal et l'imprimer, tout se fait de nuit)

J’ai rencontré beaucoup de personnes, assisté à des événements, mangé des salades dégueus car pas le temps le midi. J’ai pris la voiture, le bus, le vélo, un uber. J’ai illustré des articles de merde comme « les bonnes astuces des baigneurs pour éviter le supplice des galets à Nice ». Mais j’ai aussi pu réaliser un rêve, assister à un concert des Black Eyed Peas (un pass gratuit au Nice-Jazz Festival) et rien que pour ça je valide ce stage. Ce stage était vraiment fatiguant. J'ai perdu quelques kilos (alors que je suis déjà un cure dent) car je bougeais beaucoup. L’équipe était géniale, elle comprenait totalement mon statut de stagiaire (donc quelqu'un qui apprend et non pas quelqu'un qui forcément a les compétences d'un pro). Ils essayaient de trouver des solutions en cas de soucis. J’étais beaucoup livrée à moi-même mais si il y avait un problème, je pouvais compter sur les autres. On est à la fois seul et en équipe. C’était tout le temps speed. Je voyais comment un journal tournait, et ça ne s’arrêtait jamais. Le plus chiant, c'était de se lever pour prendre en photo des trucs pourris comme un concours de pétanque assise (véridique). J'ai aimé découvrir ce milieu, mais je savais à la fin de ce stage que je ne travaillerai pas dedans. Les horaires sont fous, les journalistes peuvent rester très tard à l'agence pour finir leurs articles. La passion les guide et je ne l'ai pas. Puis bien sûr la photo journalistique n'a rien à voir avec la photographie d'art. J'avais carte blanche pour illustrer les articles, mais va faire de l'art avec "les nouvelles douches du Vieux-Nice". De plus avec mon statut de stagiaire, on ne m'emmenait pas sur des événements difficiles à prendre en photo comme du sport (le seul a été la victoire de l'Algérie).


(moi espérant qu'on me choisisse pour un article de folie et pas de Foly -hehe-)


Tout ça pour dire que le milieu journalistique est très spécial mais j'ai adoré le découvrir. Il faut s'investir à fond, les journalistes donnent tout pour trouver des articles qui captent toujours plus l'attention. J'aurais adoré aller sur des événements comme des manifestations, avec un peu d'action. Aussi, difficile de prévoir des sorties personnelles (sauf en jour de repos) car on peut nous appeler à n'importe quel moment pour prendre en photo les chats de Micheline qui ont gagné un concours de beauté. Cet article ne donne qu'un aperçu de ce que j'ai vécu, avec les souvenirs qu'il me reste (je n'ai pas pris de photos de mon expérience malheureusement, quelle ironie). J'aurais aimé vous montrer des vidéos de mon expérience mais je n'y ai pas pensé à l'époque.


Ce stage m'a appris à être autonome et à avoir davantage confiance en moi. J'ai appris à gérer un emploi du temps capricieux et à m'organiser. J'ai amélioré ma communication avec ceux qui m'entourent et à échanger plus facilement avec des inconnus. Je vais plus facilement vers les gens. J'ai appris à m'imposer (essayez d'organiser une photo avec plus de 30 personnes dessus) et à hausser la voix pour me faire entendre. Cette expérience m'a apporté énormément à travers mes études de communication mais aussi bien sûr dans mon activité actuelle de photographe. Je ne sais pas si je referais ce stage, mais j'adorerais faire des reportages pour continuer à rencontrer de nouvelles personnes. Les rencontres me passionnent et grâce à la photo je ne cesse d'en faire.

(♥)


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